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La langue dans le sport

January 5, 2019, 9:42 AM ET [74 Comments]
Karine Hains
Montreal Canadiens Blogger • RSSArchiveCONTACT
Quand les Canadiens remportèrent la première coupe Stanley de leur histoire, ils étaient menés à l'attaque par le fabuleux trio des Flying Frenchmen; Jack Laviolette, Édouard Lalonde et Didier Pitre faisaient la loi. Les trois franco-ontarien sont vite devenus des héros pour nombre de jeunes partisans québécois. À partir de là, l'organisation a fait des pieds et des mains afin d'aligner les meilleurs joueurs francophones possible. En 1936, afin de maintenir l'intérêt des Québécois envers cette équipe qui avait été crée pour leur donner une équipe à encourager plutôt que les Maroons ou les Wanderers qui étaient anglophones, ils fut décidé que les Canadiens auraient, à chaque année, la possibilité de sélectionner les deux meilleurs joueurs de la province. Il y avait toutefois un important codicille à cette clause: les joueurs ayant préalablement signé ce que l'on appelait un "C form" avec une autre équipe n'étaient pas éligibles. Qu'est-ce qu'un C form? C'était en fait un pré-contrat qui dénotait l'intérêt d'une équipe pour un jeune joueur, ou un très jeune joueur dans certain cas. Les Bruins ont fait signé un C form à Bobby Orr alors qu'il n'avait que 12 ans. C'est ainsi qu'il devint un joueur des Bruins de Boston. Le repêchage tel que celui que l'on connait aujourd'hui ne vit le jour qu'en 1963, au préalable, les joueurs étaient recrutés comme ils le sont aujourd'hui en Premier League anglaise par exemple.

De nos jours, je crois qu'il est impossible d'avancer l'argument que la province de Québec a toujours besoin d'être enticher de quelques manières que ce soit. Les Canadiens ont depuis longtemps volé le coeur des québécois. Pourtant, même de nos jours, une règle non écrite demeure, l'entraîneur des Canadiens doit parler français. Pour être honnête je m'interroge depuis fort longtemps sur la pertinence de cette exigence et je crois que dans la dernière semaine, Claude Julien nous a démontré qu'elle n'a plus sa place.

Je m'explique, en conférence de presse, alors qu'il décrivait la blessure qui affligeait son gardien vedette, Julien a mentionné qu'il s'agissait d'une irritation. Pour monsieur et madame tout le monde, ça, en bon français, ça veut dire une inflammation légère de la peau. Or, si on se réfère au mot "irritant" en anglais, il est utilisé pour décrire une blessure que l'on traîne et qui est embarrassante et nuisible. De la bouche de Carey Price lui-même, il s'agirait d'une blessure qu'il traîne depuis 7 semaines et donc, à mon sens, c'est dans le sens anglais du mot que Julien a utilisé irritation. Je ne blâme nullement Claude Julien pour son vocabulaire remarquez. Il est normal qu'une personne ayant vécu et travaillé en anglais pendant de nombreuses années en voit son vocabulaire affecté. Le fait est que si un coach est vraiment bon, les Canadiens ne seront pas la seule équipe à s'y intéresser et, conséquemment, une embauche hors province signifiera que l'entraineur travaillera en grande majorité en anglais. Est-ce si différent d'ici? Quelle langue utilise le grand manitou du CH lorsqu'il s'adresse à ses troupiers à votre avis? Et oui, l'anglais... À votre sens, n'est-il pas plus important que l'entraîneur puisse s'adresser à ses joueurs de manière optimale plutôt qu'aux journalistes?

Autre exemple, pas plus tard qu'hier, Carey Price a quitté l'entraînement de l'équipe de manière précoce et Julien, lorsque questionné sur le départ hâtif du cerbère, s'est exprimé ainsi: " Il n'y a pas lieu de s'inquiéter, Carey a quitté parce qu'il était... euh... je ne sais pas le terme en français...lightheaded en anglais? Mais il était pas étourdit". Or, la définition de lightheaded en anglais est justement le fait d'être étourdi. Donc, les médias et les fans plus nationaliste ont fait un tollé lorsque Randy Cunneyworth s'est vu confier la barre de l'équipe à la fin de l'épisode Jacques Martin parce que celui-ci ne parlait pas français. Est-ce que c'était vraiment nécessaire?

À mon humble avis, la seule exigence linguistique qui devrait être rattaché au poste de pilote des Canadiens est que celui-ci parle couramment le succès ou encore en anglais I want him to speak winning! Il ne s'agit là que d'une façon de parler mais je crois fermement que lorsque l'on cherche à combler un poste si important, on se doit de considérer les meilleurs candidats, TOUS les meilleurs candidats. Croyez-vous honnêtement que sans cette "exigence" francophone, Réjean Houle et Mario Tremblay se serraient vu confier les rennes de la meilleure franchise de hockey de l'histoire sans autre expérience que d'avoir travailler pour la brasserie Molson? Poser la question, c'est y répondre.

Comprenez-moi bien, je ne dis pas que tout autour du CH devrait se passer en anglais mais les droits des médias et des fans serraient-ils vraiment brimés si, ayant un entraîneur anglophone, le Tricolore engageait également un traducteur pour faire les conférences de presse et les commentaires d'après match? Je ne le crois pas...En fait, force est d'admettre que certains journalistes québécois, lorsqu'ils rapportent des propos en anglais font eux mêmes des erreurs de traduction. Morale de l'histoire? À chacun son travail. Le travail de l'entraîneur de la Sainte-Flanelle c'est de gagner, pas de faire la cour aux médias....qu'il parle français, anglais, espagnole, suédois ou finlandais, peu importe tant qu'il accumule les victoires.
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